Le printemps où je n’ai pas su dire non

Témoignage de Dimitri, créateur de Mode Silencieux · Tête pleine, monde trop rapide · 29 septembre 2026

Je suis formateur multimédia à distance et, depuis 2005, je travaille pour des centres de formation privés. C’est un métier que je connais bien, avec ses périodes pleines et ses creux.

Au printemps 2020, le premier confinement a tout interrompu. Pendant une quinzaine de jours, plus rien : aucune mission. Puis les centres ont repris contact, avec une règle devenue la norme du jour au lendemain : tout se ferait désormais à distance. Je n’y étais pas forcément favorable, mais la question ne se posait pas vraiment. C’était cela, ou rien.

Ce qui a suivi, je ne l’avais pas anticipé. Privées de formations en présentiel, de nombreuses personnes se sont tournées vers leur compte personnel de formation, et les demandes ont afflué. En quelques semaines, je suis passé d’un silence complet à des journées de dix heures, presque sans interruption. C’était épuisant.

J’ai toujours eu beaucoup de mal à dire non. À ce moment-là, cette difficulté s’est doublée d’une peur très concrète : que tout s’arrête net, une seconde fois. Alors j’acceptais toutes les missions. Chacune me semblait une sécurité de plus.

Pendant un temps, j’ai tenu le coup. Puis la fatigue s’est installée, lentement, jour après jour. Je tenais bon malgré tout. Je travaillais tant que j’avais à peine le temps de manger et, en très peu de temps, j’ai perdu une dizaine de kilos. Mon corps enregistrait ce que je ne prenais pas encore le temps de regarder.

À la maison, la mère de mes enfants et moi ne faisions plus que nous croiser. Cette même année, en août 2020, je l’ai quittée.

Avec le recul, je pense que cette période m’a peut-être ouvert les yeux sur mon couple. Malgré la fatigue, j’ai tenu. Et c’est peut-être au cœur de cette course que j’ai commencé à voir plus clair.

La séparation a été très compliquée. Ce qui m’a le plus aidé à la traverser, c’est l’écriture : poser les mots, les relire, remettre un peu d’ordre dans ce qui débordait.

C’est de là qu’est né, bien plus tard, Mode Silencieux. Je voulais offrir à d’autres ce qui m’avait aidé : un endroit où écrire et témoigner, sans avoir à se justifier.

Ce qui m’aide

Une conviction, que je me répète souvent : peu importe ce que pensent les autres, je trace ma route. Et l’écriture, qui m’a permis de traverser la séparation.

Une phrase vous aide, vous aussi ? Faites-la imprimer sur un mug, un t-shirt ou une affiche.

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